Entretien avec Nicolas Goyard, Champion du Monde de Windsurf 2019, catégorie Foil

(English version coming soon)

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Comment as-tu vécu cette victoire à Sylt ?

Ce n’était vraiment pas ma meilleure journée parce que j’étais malade, notamment sur la dernière manche. J’ai eu de la fièvre à 38-39 et c’était dur. Je suis rentré à terre, je savais que j’avais gagné mais je me suis écroulé tellement je tremblais à cause de la fièvre. J’ai dormi pendant 30 minutes. Ensuite c’était mieux. Le podium était un moment magique. Mais je crois que je ne réalise pas trop encore.

 

A quel moment as tu senti que c’était gagné ?

La veille au soir, je savais que le podium était assuré. Ma place finale dépendait aussi pas mal d’Alex, mais j’étais serein et confiant. Le dernier jour par contre, j’ai commencé à douter car je n’étais vraiment pas en forme. J’ai juste tout donné sans me poser de question.

 

Qu’est ce qui a fait la différence selon toi ?

Sur l’épreuve du Japon, j’étais irrégulier car je prenais trop de risques. Je crois qu’avec l’expérience, j’apprends à mieux gérer ma régate. C’est vrai que j’étais très détendu mentalement. Je ne me suis mis aucune pression. J’étais dedans, concentré. Je pense que cette année, j’ai eu aussi pas mal de choses à gérer en même temps, donc je suis plus structuré dans ma tête. Ca m’oblige à être plus ordonné.

 

Quels rapports as-tu avec les autres riders Phantom et avec le team technique/design ?

Avec Thomas évidemment, le courant passe bien puisque c’est mon frère. Mais j’adore aussi Alex. C’est un mec super gentil et on a un lien très fort dans la team. On a tous envie de gagner mais on sait aussi se réjouir quand ce sont nos coéquipiers qui gagnent. Il y a une super ambiance entre nous. Je crois que j’aurais aussi été très content si Alex ou Thomas avait gagné.

 

Comment se passent les entraînements. Vous vous voyez souvent ?

On ne peut pas beaucoup s’entraîner ensemble car je suis dans le sud, Thomas à la La Rochelle et Alex en Bretagne, donc c’est difficile de se retrouver. Mais on communique beaucoup et on partage nos expériences et nos conclusions sur les tests techniques. Il n’y a pas de tabou ni de retenue d’information. C’est d’ailleurs ce qui nous a permis de faire évoluer le foil au fil des mois, et de réussir à le régler parfaitement. Je pense que c’est une des raisons du succès. C’est un vrai travail collectif avec le design team et entre riders.

 

Quand tu cours contre ton frère, vous êtes en mode « pas de quartier » ou au contraire vous vous soutenez l’un l’autre ?

En début de régate, c’est ‘pas de quartier’ mais à Sylt sur la dernière journée, j’ai vraiment fait attention de ne pas lui pourrir sa course car il jouait le podium. De mon côté il fallait juste que je finisse devant Alex, mais ça m’était égal de terminer 3e ou 4e. Je suis triste qu’il ne soit pas troisième. Il le méritait vraiment car la veille il était encore sur le podium avec nous.

 

Le titre de champion du monde, c’est fait, quel est ton objectif maintenant ?

Je ne sais pas trop. On va voir si le foil devient olympique. J’aimerais continuer en foil mais aussi m’entraîner en slalom en format coupe du monde. Je n’ai pas envie de me projeter trop loin. J’aime bien vivre les choses au jour le jour. Ce qui me plait le plus, c’est de tester, de trouver les bons angles, de développer et de sentir que ça fonctionne. La régate n’est pas un objectif en soi.

Phantom International